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Ki ou vlé, ki ou vlé pa
Souvenir du Laïque
Comme promis, la saga de la scolarité de Gérard François continue. Une discipline d’enfer...
J’ai fait ma 6ème à l’école laïque Rue Henri IV à Pointe-à-Pitre, c’est à dire aux cours complémentaires.
Les cours complémentaires c’était la discipline pure et dure: les coups de ceinture, les pincements du lobe de l’oreille gauche (notez la précision), les coups de poing dans le dos (le coupable couché sur son pupitre recevait le poing du professeur dans le dos) étaient autant de moyens utilisés pour enfoncer discipline et connaissance dans nos crânes récalcitrants.
Le mépris malheureusement faisait aussi partie de l’arsenal éducatif utilisé dans la 6ème de l’école Henri IV. Pratiquement chaque heure de cours comprenait un bon moment de spectacle pendant lequel chacun d’entre nous riait jaune en espérant que son tour n’arrivera jamais.
Peu adepte des coups et du mépris, j’ai préféré les éviter en travaillant et en me tenant tranquille.
Vous comprenez donc pourquoi j’ai obtenu pour la première et la dernière fois de ma vie scolaire le prix d’excellence (ex-aequo d’ailleurs).
Les coups permettaient de régler les gros problèmes de compréhension et de discipline.
Le pincement de l’oreille « gauche » servait à faire retrouver le mémoire ou à deviner une solution plutôt que de la trouver: je n’y ai pas échappé car ma mémoire a toujours été chancelante et ma « comprenette » pas toujours rapide. Je n’ai pas eu à subir le mépris mais je n’ai jamais compris quel était son rôle sinon d’entendre des copains se faire traiter de choses inadmissibles et inimaginables.
Tout ceci est rigoureusement authentique et vérifiable: je ne sais pas si des parents savaient ce qui se passait à l’époque au laïque; en tous cas, pour ce qui concerne les élèves de 6ème, c’était motus et bouche cousue du sujet à la maison. Après près de 45 ans de silence, j’espère que mes compagnons de misère ne m’en voudront pas d’avoir parlé de la chose.
Cette pédagogie de fer du « ki ou vlé, ki ou vlé pa » ne m’a pas traumatisé. Elle m’a permis de rentrer sans problème en 5ème au Lycée Carnot (tout proche), respectueux des professeurs, discipliné et sage, ignorant le chahut en présence d’un professeur.
La suite au prochain numéro
Géwar | |
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